
Combien de temps un
bombardement Google peut-il agir sur un mot-clé ou une page donnée ? peut-on le détruire ? Voilà les question que l’on peut se poser lorsqu’on observe la disparition de certaines bombes tandis que d’autres continuent à sévir sur le moteur de recherche.
Il faut avant toutes choses bien comprendre que le format même du blog permet la mise en place de telles pratiques à la perfection. Pour ne citer que les points principaux, on note que :
- Google donne une primauté aux pages renouvelées régulièrement, plus l’information est récente, mieux elle sera classée dans les résultats. Le blog, par essence est renouvellé régulièrement, grâce au système de billets.
- chaque billet édité sur un blog crée un lien et une page « permanente », c’est à dire que tout lien (à moins qu’on le supprime) inséré dans ce billet est lui aussi permanent.
- les billets d’un blog sont généralement affichés en index, si le blog bénéficie d’un bon PageRank, l’ensemble des billets (et des liens qu’ils contiennent) affichés en page d’accueil reçoivent ce poids. Le PageRank est primordial pour le classement d’un blog, plus il est haut, plus le blog est qualifié de « populaire » et plus ce qui en émane a de l’importance sur le moteur de recherche.
Au niveau actuel de mes recherches, j’ai pu identifier plusieurs raisons qui peuvent expliquer le déclassement ou la disparition d’une Google Bomb du top 10 des résultats sur le moteur de recherche pour un mot-clé donné, et ce pour
les google bomb Françaises :
Tout d’abord, lorsqu’il s’agit d’une google bomb sur un mot à fort trafic, comme c’est par exemple le cas pour celle ciblant
Nicolas sarkozy (le liant au site officiel du film Iznogoud), il faut bien voir qu’il s’agit d’un vrai bras de fer de liens qui se joue pour la première place dans le moteur de recherche. La bombe ciblant
Nicolas Sarkozy est facilement détrônable dans le sens ou elle est en concurrence farouche avec une série de sites officiels (et contenant le mot-clé).
Ainsi il suffit que plusieurs pages contenant le lien de bombardement disparaissent (suppression du billet/page/blog) du moteur de recherche pour que la bombe soit déclassée. De plus, si les pages en question bénéficient d’un bon
PageRank, il est fort probable que la bombe perde de son « pouvoir » sur les résultats de recherche. En effet,
il suffit d’une poignée de blogs avec un fort PageRank pour lancer une bombe Google, la disparition de l’un d’entre eux peut expliquer le désamorçage de la bombe (traduit par un déclassement dans les résultats de recherche). De même, il arrive que les billets d’un blog, avec le temps, passent en archive. Si ces billets contiennent des liens, il suffit que ces archives soient exclues par les
robots de Google pour que les liens contenus dans les pages disparaissent eux-aussi et affaiblissent encore ce « pouvoir ».
Il arrive enfin que des blogueurs reviennent sur leurs engagements et décident de supprimer leur participation au bombardement, une fois la cible atteinte.
Pour ce qui est des Google Bomb portant sur un mot-clé à faible trafic («
député liberticide », «
anne imbert »), il devient bien plus difficile de voir disparaître la page bombardée, comme le site officiel de
Jean Dionis en résultat de recherche pour « député liberticide ».
Globalement, il est relativement facile et rapide de mettre en place un bombardement Google, sa destruction est à l’inverse lente est difficile.
Le seul moyen qui permette
la disparition complète de la Google bomb reste la suppression pure et simple de la page liée. C’est le cas de celle ciblant
Jacques Chirac avec le mot «
magouilleur » : la page a été supprimée, elle n’est plus comptabilisée dans Google, les liens de toutes les pages des blogs ayant participé au bombardement pointent vers une page d’erreur 404 (page non trouvée). La bombe est détruite, le prix à payer est le sacrifice de la page ciblée. Tout cela devient impossible lorsque la page liée est une page qui ne peut être supprimée ou déplacée, c’est le cas de la page de
définition du blog wikipédia liée au mots-clé «
anne imbert ». La seule chose capable de la détroner serait le fait qu’une actualité blogosphèrique autour de cette chère Anne prenne le pas en terme de nombres de liens sur la bombe (puisque Google privilégie l’actualité nouvelle aux informations qui datent) ou que le temps fasse petit à petit disparaître les billets contenant les liens de bombardement. Ce peut être ce que l'on observe lorsque, depuis hier, on peut remarquer que le premier résultat de recherche est désormais le billet de Loïc le Meur (participant et commentant le bombardement), la page bombardée étant relayée à la seconde position. C'est un cas interressant où l'on observe que l'actualité
autour prend le pas sur cette dernière. Je reviens sur cet élément juste après.
Enfin on peut penser à une intervention de Google sur les résultats de recherche, c’est l’hypothèse la moins probable lorsqu’on sait qu’il s’est toujours défendu de le faire.
Lorsqu’un
bombardement Google est lancé, il est généralement accompagné d’une série de blogs et/ou de sites qui commentent l’action, en y participant ou non. C’est ce que j’appelle les « dommages collateraux ». Même lorsque la bombe disparaît, ils attestent de sa présence à travers le titre de leurs billets et l’explication qu’ils fournissent sur le chemin tracé par la bombe, de son lancement à son impact. Ces « dommages collatéraux » résistent bien plus longtemps que la bombe elle-même, c’est ce qui reste, si la page bombardée est l’obus, ces pages en sont le cratère périphérique. Tappez «
magouilleur » dans Google est vous verrez que même si la bombe a été désamorcée, on ne discerne pas moins sa présence, son cratère.
Tags : google bomb, google bombing, bombardement google