Un statut pour le blogueur ?
Par palpitt le lundi 15 octobre 2007 - Blogosphère(s) -
Un code du blogueur ? on en parlait en janvier 2006. En France, quelques discussions (sans fin à confronter blogueurs et journalistes) plus tard, l'idée semble avoir fait son chemin : un label est proposé à tous ceux qui souhaitent que le blogging puisse "gagner en crédibilité". La distinction avec le journaliste est faite de manière assez claire (no-press), l'objectif est de "faire reconnaître un statut de blogueur et participer à l’émergence d’une nouvelle façon de faire l’Internet : citoyenne, responsable, créative et justement… indépendante".
Les premières règles de cette charte sont l'indépendance, l'originalité, la liberté de ton, la régularité (oui il parait que "le premier indice de sérieux d’un site est la périodicité de ses publications", je ne suis pas sérieux, enfin c'est un indice) et l'intérêt public, pour le reste : "pourquoi n’y aurait-il pas une commission constituée, comme pour la carte de presse, de blogueurs réélus chaque année, qui définirait les grandes lignes déontologiques de l’Internet amateur ?". La "carte de blog" deviendrait l'équivalent de sa voisine que tant convoitent pour les avantages qu'elle procure. Ici on annonce par exemple l'hypothèse de "la déduction des impôts de certains frais Internet, liés à l’animation du blog". Alléchant, non ?
Je viens de tomber sur le billet de Gilles Klein, qui vise juste ce matin parce qu'il met le doigt sur ce fameux paradoxe : rappelons que Gilles est journaliste, et qu'il blogue sans sa "carte de blog", mais avec sa carte de presse. Difficile donc de définir ce qu'est ou n'est pas un blogueur. (très) Souvent un blogueur a déjà une profession, je suis étudiant et c'est ce statut qui me donne une certaine légitimité pour écrire, le blog n'est pour moi qu'un outil et je ne me définis pas à travers lui. Le statut du "blogueur amateur" n'est-il pas justement déterminé par un certain "amateurisme", n'est-ce pas exactement ce qui en fait sa particularité ? Si l'ambition est de "gagner en crédibilité" (parce qu'"aujourd’hui, les blogs évoluent dans l’anarchie"), une charte collective (comme la néthique par exemple) pourrait suffire à encadrer nos pratiques.
A lire aussi
- Les blogs ont-ils besoin d’un label? (chez TechCrunch)
Mise à jour : La réponse des auteurs, et mon second commentaire, un peu plus constructif que le précédent
:
En fait, un tel label ne serait-il pas plus pertinent si il s’adressait aux blogueurs d’information ou à ceux que l’on a maladroitement appelé les “journalistes citoyens” de manière plus spécifique, plus qu’aux “blogueurs” en général ? (Dans ce cas de figure, effectivement, l’adoption d’une forme de charte, ou de règles déontologiques, pourrait prendre tous son sens)Qu'en pensez-vous ?
