Comment les médias gèrent-ils le contenu amateur ? (Journée Néthique 1/2)
Par Palpitt le jeudi 22 novembre 2007 - Médias - 1689 lecture(s)
Retour sur la journée Néthique organisée par les Humains Associés à la Cité des Sciences. Malgré la grève (et le froid), quelques courageux ont réussi à nous rejoindre (dommage de n'avoir pas pu rencontrer André Gunthert). J'étais aussi présent dans SL pour accueillir nos amis de l'île Verte, j'en profite pour remercier toute l'équipe. Venons-en aux premiers échanges :
La première table ronde portait sur la déontologie des (nouveaux) médias. Une des premières questions posées, "comment devient-on blogueur ?", a initié une discussion plutôt familière autour des relations blogueurs/journalistes. Une seconde problématique, "Comment les médias gèrent-ils le contenu amateur ?", a attiré mon attention. Comment prendre en compte la participation citoyenne ? Comment le métier de journaliste s'adapte t-il à cette révolution des usages ?
Alice Antheaume, journaliste Internet/médias chez 20 minutes, nous explique comment elle tient compte des réactions et des critiques aux articles sur 20minutes.fr. Pour cette dernière, il faut être dans une démarche de transparence (assumer les critiques, remercier publiquement un internaute qui signale, à raison, une erreur dans un papier, etc.). "Rédaction et lectorat travaillent ensemble pour l'information" : le principe prend alors tout son sens, le lecteur peut apporter une vraie valeur ajoutée au média, qu'il commente sur le support ou qu'il se serve d'un blog. Reste à définir la meilleure façon de mettre en valeur ses contributions. Et au journaliste d'endosser de nouvelles missions :
- Trier, sélectionner l'information ("quel blog a quelque chose à dire")
- Tisser des liens avec les internautes les plus volontaires
"Le tout est d'arriver à trier les témoignage et de les mettre en valeur à travers le média". Benoît Raphaël, journaliste, blogueur, et responsable éditorial du site lepost.fr, met directement ces principes en application : sur lepost.fr, les contributions les plus pertinentes sont soutenues par la rédaction. Il développe sur son blog :
Il y aura donc toujours besoin d'un travail d'animation, d'accompagnement et de mise en valeur de cette participation. C'est sans doute un nouveau métier pour les journalistes de demain (mais la radio a déjà bien défriché le terrain).
La participation, ce n'est pas forcément le "journalisme citoyen", les anonymes devenus journalistes. Mais plutôt une explosion des sources et des modes d'information pour rendre l'info plus vivante, plus proche de la réalité et du quotidien de l'audience.
Cette idée rejoint les propos de Jeff Jarvis rapportés par Philippe Couve, enseignant au CFJ, dans ce billet : "Si l’information est conversation, comment enseigner la conversation?" : le travail du journaliste serait aussi d'encourager les amateurs à produire du contenu journalistique ("we need to teach our students to become teachers of journalism", nous dit Jeff Jarvis). Réciproquement, il deviendrait intéressant de former les journalistes au blog. Les futurs journalistes du CFJ ont d'ailleurs maintenant leur prof de blog :
On n'envisage plus le métier sans une maîtrise conséquente des toujours nouvelles technologies de l'information. Comprendre Internet, comme lieu d'exercice du métier, lieu où l'on va chercher l'information, lieu où on la diffuse, est la moindre des choses.
Ce serait peut être aussi ça, un médiateur de conversation : "vos lecteurs en savent toujours plus que vous" ? montrez-leurs comment mieux communiquer ce qu'ils savent.
Mise à jour :
- Retour sur la journée Néthique du 17.11.07 (Le compte-rendu complet de l'ami Seekoeur, qui était également présent)






