Musées et réseaux sociaux : du bon usage de Facebook
Par Palpitt le mardi 19 février 2008 - Médias sociaux - 2507 lecture(s)
Diane Drubay, jeune consultante en communication muséale, s'intéresse de près, via l'un de ses blog, aux stratégies de com online et offline développées par ces institutions. Cette dernière publiait sur Mashable! un article sur les musées et les avantages que ces derniers pouvaient tirer des sites de réseautage social, une réflexion appuyée par deux petites études de cas (Brooklyn Museum et Musée du Quai Branly), :
Réellement créatrice d’interactions sociales, une telle démarche modifie l’image du musée, le rend plus proche de son public et l’ouvre à de nouvelles formes de communication. Les relations sont bouleversées et même inversées. L’internaute devient contributeur à part entière et apporte du contenu au musée qui s’en servira pour ses prochaines expositions, ses relations à long terme avec son public ou pour changer sa politique interne.
Pour les deux institutions citées, la création de différents profils a répondu a des besoins précis et le contenu a été adapté aux plateformes (Facebook, myspace, twitter, youtube), pour mieux cibler leur public ou pour davantage l'impliquer dans la construction des expositions.
Dans un second billet publié sur le blog Buzzeum, elle évoquait à nouveau le cas de Facebook en revenant sur quelques questions de fond : "pourquoi un musée irait-il sur Facebook ? Qu’est que Facebook a à apporter à un musée ?"
Pour poursuivre la discussion, j'avais déposé le commentaire suivant :
Si je peux me permettre, il me semble que 2 conseils peuvent être donnés aux institutions muséales pour que le potentiel de la plate-forme soit exploité :
- inclure Facebook dans une VRAIE démarche de dialogue avec le public. On peut voir ce que cela donne lorsque le profil ou l’application est créé en dilettante et qu’elle n’est pas soutenue par une stratégie de communication plus globale (cf. ton post). Il est essentiel, selon moi, de ne pas s’engouffrer dans Facebook parce qu’”il faut y être” mais plutôt de prendre le temps d’élaborer une réelle stratégie d’investissement comprenant des objectifs clairs (après les avoir passivement collectionnés, que fais-je de tous mes “fans” ? la fameuse question du “pourquoi ?”).
- et proposer un contenu SPECIFIQUE aux utilisateurs de Facebook. Il faut que la version FB du musée puisse apporter une valeur ajoutée.
En réponse, Diane me dirigeait vers deux illustrations de ces idées, détaillées sur son blog. Finalement, l'essentiel, et ce quelque soit la plate-forme, serait de commencer par bien identifier les objectifs que l'institution souhaite donner à chacun des espaces investis. Même si cela peut paraître évident, c'est aussi le premier conseil que donne Chris Brogan (blogueur qui a décidé d'écrire 100 billets "utiles" sur les bons usages des "médias sociaux") aux entreprises qui souhaiteraient plonger dans l'univers des SNS : "Start With the Intent", commencez par l'intention.







Commentaires
bonjour, oui bien sûr il est préférable de savoir de quoi on veut parler avant d'engager la conversation...maintenant il faut aussi avoir à l'esprit que d'un point de vue pragmatique il est déjà intéressant d'être présent là où les publics sont, de "délocaliser" les contenus. C'est en plus un vrai moyen de faire des expériences, de voir ce qui marche ou pas, d'apprendre à connaître les plateformes communautaires en ligne, à apprendre à parler leurs languages, à découvrir les fonctionnalités (au muséum de Toulouse où je travaille, nous étions simplement présent sur Flickr, puis nous avons ouvert des groupes photos, lieux d'échanges visuels et de commentaires autours de nos thématiques, sans même avoir l'idée de le faire au départ, apprenant en faisant), à s'exposer, à ouvrir la relation aux publics en toute humilité (pas simple pour les institutions "savantes" et expertes souvent réticences dans les faits, à l'idée de partager les contenus cragnant d'en perdre le controle), et surtout, petit à petit d'emmener ses collègues avec soi...pas du tout évident dans nos structures hiérarchiques et cloisonnées d'avoir les métiers du musée se déployer en ligne pour qu'ils,puissent effectivement donner du sens à l'usage de ces outils de façon réactive et le plus spontannée possible,pour y inventer de nouvelles formes de communication, d'accueil, d'animation, d'exposition...