Réseaux sociaux et limites cognitives : quelques observations
Par Palpitt le dimanche 4 mai 2008 - Médias sociaux - 1472 lecture(s)
En début de semaine chez InternetActu, j'ai lu avec beaucoup d'attention l'article intitulé : "Notre réseau social est-il cognitivement limité ?" et le petit échange entre Hubert Guillaud et Thibaut Thomas (interviewé ici même l'année dernière) en commentaire :
force est de constater que “les réseaux sociaux en ligne ne savent pas vraiment augmenter le nombre de nos relations sociales”. Pourquoi ? Parce que si on peut maintenir une relation via des canaux numériques, pour la décision initiale de s’investir, il n’y a pas de substitut au face à face !
Alors que "théoriquement, la réduction de la friction avec un réseau social en ligne devrait élargir exponentiellement notre cercle de connaissances sociales”, et que les caractéristiques techniques des réseaux sociaux en ligne permettraient d'élargir potentiellement ce cercle, la limite cognitive du nombre de nos "relations stables" fixée par Dunbar serait tristement respectée sur ces sites.
Bien sûr, et Dominique Cardon nous le rappelle : il y a une grande hétérogénéité dans les pratiques selon les individus et les plateformes. "Les sites fonctionnent très différemment, sur certains, on renforce nos liens avec des gens que l'on connaît déjà et on ne cherche guère à étendre le réseau". Il existe donc différentes manières de faire du "capital social" sur ces sites et c'est pour cela qu'il est assez difficile d'interpréter des "moyennes", surtout que les "amis" (sur Facebook par exemple) ne sont pas toujours des "relations stables". A noter tout de même que, selon le dernier rapport de l'OFCOM, communiquer avec des personnes connues, c'est-à-dire entretenir une relation, serait malgré tout l'activité la plus répandue sur les SNS.
En fait, en plus de la nécessité de valider une relation par une rencontre IRL, la dynamique d'élargissement ne serait soutenue que par une force faite de coopérations faibles ("formation 'opportuniste' de liens et de collectifs"), et pourrait-être freinée par d'autres contraintes : sur Facebook toujours, le coût de l'amitié y est relativement faible mais les utilisateur qui mêlent relations pros, persos et simples "connaissances numériques" ont, il me semble, tendance à entrer dans une logique de tri en réponse à leur propre exposition ("extimité" caractéristique du Web 2) et aux "risques identitaires qu’ils prennent à susciter ce mélange" (cf. Cardon, lire aussi son commentaire sur l'article de Judith Donath).
A lire aussi :
- Comment juger de la "sociabilité" de vos amis sur les réseaux?
- Pourquoi je suis des milliers d'amis sur Facebook, Twitter, Friendfeed et Seesmic (Loïc Le Meur)







Commentaires
Attention tout de même, cette constatation pour l'instant n'est pas étayée par des annalyses scientifiques précises.
Assez d'accord avec Dominique Cardon bien sûr. Nos comportement sur MySpace ou sur Facebook par exemples sont très différents, car les buts de ces sites sont différents. Alors que Facebook est très pratique pour faire vivre un petit réseau, MySpace demande au contraire d'élargir au maximum les "amitiés" car le nombre d'interaction est faible.