Bien sûr, et Dominique Cardon nous le rappelle : il y a une grande hétérogénéité dans les pratiques selon les individus et les plateformes. "Les sites fonctionnent très différemment, sur certains, on renforce nos liens avec des gens que l'on connaît déjà et on ne cherche guère à étendre le réseau". Il existe donc différentes manières de faire du "capital social" sur ces sites et c'est pour cela qu'il est assez difficile d'interpréter des "moyennes", surtout que les "amis" (sur Facebook par exemple) ne sont pas toujours des "relations stables". A noter tout de même que, selon le dernier rapport de l'OFCOM, communiquer avec des personnes connues, c'est-à-dire entretenir une relation, serait malgré tout l'activité la plus répandue sur les SNS.

En fait, en plus de la nécessité de valider une relation par une rencontre IRL, la dynamique d'élargissement ne serait soutenue que par une force faite de coopérations faibles ("formation 'opportuniste' de liens et de collectifs"), et pourrait-être freinée par d'autres contraintes : sur Facebook toujours, le coût de l'amitié y est relativement faible mais les utilisateur qui mêlent relations pros, persos et simples "connaissances numériques" ont, il me semble, tendance à entrer dans une logique de tri en réponse à leur propre exposition ("extimité" caractéristique du Web 2) et aux "risques identitaires qu’ils prennent à susciter ce mélange" (cf. Cardon, lire aussi son commentaire sur l'article de Judith Donath).

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