Election fédérale canadienne : une net-campagne ratée ?
Par Palpitt le jeudi 16 octobre 2008 - Net-politique - 1295 lecture(s)

Les élections fédérales ont pris fin la nuit dernière et c’est l’occasion de revenir sur les stratégies mises en place sur le Web par les partis. On s’en souvient : Michelle Blanc avait pris les devants en leur offrant ses conseils, prévoyant une campagne en ligne tout simplement ratée :
Ça sent les élections fédérales et comme à leur habitude, les partis politiques canadiens risquent fort de faire n’importe quoi en ligne. À l’exception des partis de gaugauche qui ayant moins de moyens, sont souvent plus efficaces en ligne (ils ne travaillent pas avec les grosses boîtes de communication marketing et de RP qui font des sites qui coûtent cher et sont inefficaces).
Résultats ? Tous les partis ont ouvert un compte ou un profil sur Youtube, FlickR, Facebook et Myspace, ils se sont même essayés à Twitter (Notons à ce propos la mise en ligne d’elect-o-pinion.ca qui affichait les derniers tweets des microblogueurs canadiens se rapportant à chacun des partis) mais Michelle Blanc les avait de nouveau épinglés :
Les chefs sont désormais tous sur Twitter et j’ai déjà expliqué les grands avantages d’y être convenablement. Mais comme pour Facebook, la communication est unidirectionnelle sauf pour Gilles Duceppe et madame May qui daignent quelquefois, répondre aux conversations que des Twittereurs entament avec eux.
Certains, comme le parti Conservateur, se sont aussi essayés aux campagnes "personnalisables" (voir le site mycampaign.conservative.ca). Mais là encore, Yves Williams, qui s'était intéressé plus spécifiquement sur son blog aux sites des partis, ne cachait pas sa déception :
Là où le parti innove et se distingue des autres fédéraux, c’est en offrant une véritable section vouée à guider, inciter les partisans du parti à prendre action.
Il y a bien sur un gros hic dans cette belle mécanique. Ayant ouvert un profil maCampagne, je n’ai jamais reçu aucun rappel m’invitant à prendre acte, à retourner vers le site, à devenir aussi actif que le site me permettrait de le faire. Il faut donc une bonne dose de motivation pour vraiment utiliser cette section. C’est d’ailleurs surprenant de constater qu’un parti ait investi dans une telle section sans jamais rien mettre en place pour s’assurer que tous les intéresser y viendront et reviendront
Au final, pour les innovations remarquables, il fallait plutôt regarder du côté de l’utilisation du téléphone portable. On trouvait dans le bilan dressé par directioninformatique.com deux initiative vraiment intéressantes :
Le projet de buzzz.tv, qui invitait des téléspectateurs du débat télévisé en français à exprimer, à l'aide de leur fureteur d'ordinateur, mais d'abord pour leur téléphone évolué iPhone, leur accord, leur désaccord ou bien leur considération d'un moment marquant quant aux propos des chefs des partis. Malgré quelques problèmes techniques, l'application démontre un potentiel intéressant, comme en font foi divers résultats publiés en ligne, dont une carte qui représente les impressions des participants en fonction de l'heure et de leur emplacement géographique.
(Voir la carte en question, Lire également à ce sujet le bon commentaire de Michael Carpentier : buzzz.tv, un magnifique apprentissage)
Dans un autre ordre d'idée, le Projet de la démocratie, une initiative impartiale qui est soutenue par L'Institut du Dominion et l'Association canadienne des télécommunications sans fil, offre aux « jeunes » la possibilité d'exprimer leurs opinions ou de poser des questions auprès de la plupart des partis d'envergure pancanadienne, tout comme de recevoir de l'information en provenance d'un ou de plusieurs partis, par le biais de la messagerie texte sur leurs téléphones mobiles. Ce projet vise à inciter les jeunes électeurs à participer au processus démocratique.
Quatre partis (Parti conservateur, parti libéral, Nouveau parti démocratique, parti Vert) avaient confirmé leur participation à l’opération Texto-Jeunesse, visant à "brancher les jeunes canadiens avec la politique", et certains l'avaient soutenue sur leur plateforme de campagne.

Encore un échec ? Les résultats d’un sondage réalisé pour l'Institut du Dominion montraient que les partis politiques canadiens "échou(aient) à rejoindre les jeunes électeurs avec l'Internet". "Le constat est terrible", nous expliquait-on chez cyberpresse.ca :
Leurs efforts, aussi originaux soient-ils, ne fonctionnent absolument pas auprès des jeunes électeurs (de 18 à 25 ans).
Selon le coup de sonde, réalisé par la firme Innovative Research, seulement 9% des jeunes électeurs Canadiens ont reçu les messages d’un parti politique grâce aux nouveaux médias (on parle ici du web, des courriels, des textos, de Twitter, Facebook) lors de la première semaine de campagne. Pourtant, 83% des jeunes Canadiens ont un profil sur Facebook et 82% possèdent un téléphone cellulaire, note l’Institut du Dominion.
A lire aussi :
- Une campagne électorale « Je, me, moi »
Habitués de soigner leur image dans les journaux et à la télé, les politiciens ont appliqué la même recette sur le Web dans la campagne électorale fédérale qui se termine aujourd'hui. Sauf que ça n'a pas fonctionné. La prochaine fois, ils feraient mieux de prendre exemple sur Barack Obama.
- Parties fall short online
- Lendemain de veille, lendemain de campagne (un autre regard sur la net-campagne, chez Mario Asselin, qui a été chargé de "mettre sur pied le blocgue du Bloc québécois")






