Si vous vous demandiez quelle réaction les membres avaient eue en regardant le reportage, vous avez peut-être ici une partie de la réponse : outre le fait que cette note soit une des plus lues sur ce blog (elle répond donc certainement à une vraie demande, Facebook ne proposant qu'une désactivation), certains ont sûrement suivi le premier conseil donné par Jérémie Drieu en fin de reportage et ont tenté de supprimer leur compte :

"Il y a un premier conseil qu'on peut donner qui tombe sous le sens : c'est, si on veut préserver sa vie privée absolument, ne pas s'inscrire sur ces sites de réseaux social. C'est tout bête mais c'est vrai, on voit un certain nombre d'utilisateurs de Facebook se désinscrire, après quelques mois d'utilisations, simplement parce qu'ils se rendent compte que, finalement, notre vie privée sur ces réseaux sociaux nous échappent un petit peu.

Mon premier conseil serait différent : ne supprimez pas votre compte Facebook, utilisez-le au contraire pour maîtriser au mieux le contenu qui vous concerne et contrôler de l'intérieur ce que vous montrez et ce que vos amis montrent de vous (oui, on peut par exemple vous taguer sur une photo sans que vous soyez inscrit).

D'autre part, et Fabrice le dit très bien : la redéfinition des notions de vie privée et de vie publique est irréversible et s'inscrit dans une mutation globale. Il me semble qu'il est absurde d'imputer cela à Facebook, qui n'en est en quelque sorte qu'un des révélateurs, qu'un des outils qui accompagnent cette redéfinition. Et ce n'est pas Danah Boyd qui nous contredira (lisez son article sur Facebook et le "déterminisme technologique": "social media does NOT determine practice") 

Doublement déçu au final, on nous avait promis un reportage de 40min sur Facebook et la politique, résultat : cette partie là n'est pas vraiment traitée et je ne pense pas que le "friending" stratégique (made in UMP pour le coup), cette course effrénée pour le maximum de "fans", soit le meilleur exemple de ce que les politiques peuvent faire avec l'outil. On ne le voit ici que dans une optique de promotion ("booster" telle ou telle page, tel ou tel profil) ou de défense d'image.

Un appel à contribution pour un contre reportage a été lancé par Pierre Mathieu, de France 2, via Twitter. Plus d'infos chez Fabrice, qui vient de créer un groupe Facebook pour l'occasion :


Ce qu’il y a de bien, avec le service public, c’est que - pour l’instant - ils semblent à l’écoute de leur public. Le buzz généré par le reportage d’Envoyé Spécial sur Facebook a fait tellement de bruit qu’il a fini par toucher Pierre Mathieu, le responsable des sites internet du groupe France Télévision.

Après avoir tenté de défendre le travail de sa maison, il a lancé « allez, j’invite tous les supers critiques d’envoyé spécial facebook à faire un contre reportage, on diffusera le meilleur sur france2.fr ».

A voir, voire revoir :
Le reportage (un, deux, trois, quatre)

A lire aussi :
- Le billet de François, qui a fait pratiquement le même constat sur son blog
- Le commentaire de Fabien Pretre
- Celui d'Eric Delcroix, qui a été participé à la préparation du reportage
- Le reportage commenté minute par minute chez bienbienbien
- La lecture critique de Fabrice Epelboin (RWW)