Politiques sur Twitter : Liste et conseils pour gazouiller sans fausses notes
Par Palpitt le lundi 30 mars 2009 - Net-politique -
Il existe un nouveau sport en vogue sur Twitter : la traque aux usurpateurs qui se cachent derrière les nouveaux comptes de nos femmes et hommes politiques français. L'entrée en twittering de nos politiques fait toujours grand bruit dans la twittosphère. Afin de démêler les fils, il était temps d'établir la liste des Poli-Twitters officiels en évinçant les fakes. Liste qui sera mise à jour au fur et à mesure de vos commentaires et apports. Au vu de l'usage hésitant de certains politiques, nous préconisons 8 conseils avisés pour une présence réussie
8 conseils aux politiques pour gazouiller sans fausses notes
1. Twitter n'est pas une stratégie
Non, twitter n'est pas une stratégie, c'est un outil. L'effet Obama est malheureusement passé par la création d'un mythe, ou plutôt d'un fantasme autour de twitter (voir @BarackObama) : un nouvel Eldorado pour "donner rendez-vous à mille personnes en même temps sans dépenser un seul centime", ou miraculeusement permettre "aux politiques de se rapprocher de leurs électeurs", voire même de se passer de journalistes... Vous devez cependant définir par avance ce que vous allez publier car se lancer aveuglément sur Twitter pour répondre à la pression médiatique entraînera forcément des incohérences : définissez une ligne éditoriale, un ton, ce que vous pouvez ou ne pouvez pas dire, les évènements que vous pourrez "couvrir" pour vos followers ou les petites exclusivités que vous pourrez leur offrir.
2. Twitter est le média du Off
Expérimenter Twitter, c'est marcher sur un fil : entre privé et public, entre ce qui est personnel et ce qui l'est trop. Il est important de personnaliser le contenu à chaque plateforme investie, ne faites donc pas de Twitter un simple outil "en plus" servant à la diffusion de vos billets ou articles. N'oubliez-pas que Twitter est utile pour instaurer une relation de proximité forte avec ses "followers", n'hésitez pas à leur délivrer des informations inédites ; pour les informations officielles, nous avons déjà les dépêches de l'AFP et le site dont l'adresse est affichée sur votre profil.
Twitter est aussi une manière de dévoiler une partie de vous même parfois occultée et masquée dans les medias traditionnels : du tweet intimiste (@benoithamon : suis archi gaga de la petite créature de 70 cm qui me regarde en rigolant) au tweet surprenant (@benoithamon Plus fort que le PS, la FFF!), Benoit Hamon est d'ailleurs devenu un spécialiste du genre souvent cité comme exemple par ses pairs twitters. Michel Barnier l'a également expérimenté en twittant pendant une entrevue avec Rachida Dati, "@michelbarnier : chez elle, dans le 7ème arrondissement".
Toutefois, méfiez vous des dérapages, et du fameux "Effet Duhamel" : en novembre 2006, à l'occasion d'une intervention devant les Jeunes UDF de Sciences-Po Paris, le journaliste avait, au détour d'une phrase, révélé qu'il voterait pour François Bayrou. La séquence fut filmée, et conservée comme il se doit bien au chaud pendant quelques mois, avant d'être publiée en 2007 sur dailymotion, provoquant un concert de récriminations contre l'éditorialiste. Ici, ce que vous dîtes est lu et décortiqué instantanément par des exégètes de tous poils. Pire encore ce que vous dites est enregistré dans la mémoire froide d'internet et peut être retourné contre vous à tout moment (Relax, don't worry, be happy /-) : non seulement Google référence de mieux en mieux les tweets, mais il existe aussi les moteurs de recherche du type twitter search ou Tweleted, qui eux-même enregistrent les tweets publiés par précipitation ou inadvertance. Malgré leur suppression, ces messages malheureux restent gravés à jamais sur l'autel des tweets qui hantent nos nuits.
Twitter bénéficie d'une aura médiatique importante et ce que vous y dites peut rapidement se retourner contre vous. N'oubliez pas que de nombreux journalistes qui travaillent pour les rédactions online de journaux y sont.
3. Le live, essence de Twitter
Un vrai twitterer vous deviendrez, quand SMS vous enverrez. Alors que différentes expériences de conférence de presse online ont été tentées à l'étranger (voir par exemple "Le consulat israélien aux USA qui organise une conférence de presse sur Twitter" ), nos politiques français restent gentiment confinés derrière leur ordinateur sans prendre le risque de s'exposer aux questions des méchants utilisateurs et cela est fort regrettable, car beaucoup de monde serait assez preneur d'une "journée avec" depuis le salon de l'Agriculture ou d'une conférence de presse Live depuis le Ministère des Finances ;-). La mise à jour via SMS marche toujours : risquez-vous au livetwitting ! vous entrerez davantage dans une logique de fidélisation.
4. On est jamais mieux servi que par soi-même (de l'importance du "YOU" dans le "What are you doing?")
Il n'y a rien de pire que de voir un tweet signé par "l'équipe de campagne de" : "@gillespargnieux : Gilles Pargneaux est bien candidat et pas député, l'erreur d'arrière plan est bien rectifiée
l'équipe Gilles Pargneaux" signait-on sur son profil. Quand le reste des tweets est écrit à la première personne du singulier, il y a de quoi douter de la réelle prise en main de l'outil. Si vous n'avez pas le temps de l'animer, n'ouvrez pas de compte ou soyez transparent ! Certains s'y réussissent très bien sur d'autres supports (cf. Nathalie kosciusko-Morizet sur Facebook ).
Que cela soit dit une fois pour toute, se servir de twitter comme une simple extension de son blog n'est pas une stratégie couronnée de succès. En atteste le cas de Gérard Collomb, Maire de Lyon : alors que son blog est un vrai canal d'information sur lequel il n'hésite pas à pousser coups de gueule et monter frondes, son twitter @gerardcollomb est paradoxalement d'une mollesse telle qu'il affaiblit le paysage online (pourtant intéressant comme on le verra dans un prochain billet) du Maire de lyon. C'est à dire qu'il y a une différence fondamentale entre son blog et son twitter : le premier est tenu par lui-même, tandis que l'autre doit être animé de ci de là par un étudiant sciences-po en stage à la Mairie de Lyon.
5. Ouvrir un fil, c'est bien, l'animer c'est mieux
Deux sous-règles prédominent dans cette 5ème rubrique : appliquez vous à publier régulièrement, et dites non non non mille fois non aux monologues !
- Publiez régulièrement
Le lancement timide de certains comptes politiques peut prêter à confusion. Rien de grave, mais parfois il aura fallu attendre plusieurs jours avant que le politique se mette vraiment dans le bain, alors que toute la twittosphère se demandait si son compte était un vrai ou pas. Les hésitations, sûrement dues à des absurdes cycles de validation des tweets, peuvent immiscer un doute néfaste dans la tête des leaders d'opinion online
@lucchatel : découvre twitter (9 mars) et puis @lucchatel : se lance sur twitter (le 13 mars). Depuis, plus rien...
@gillespargnieux : est heureux de découvrir twitter
...
Préférez une entrée en matière pleine d'assurance en préparant une dizaine de tweets à l'avance, sauf si évidemment l'objectif est d'abord de faire du bruit en jouant sur l'effet de surprise : une entrée énigmatique vous assurera presque à coup sûr un billet de la rédaction du Post /-)
- Dites non aux monologues
Twitter est un outil "plastique", malléable, dont la simplicité multiplie les formes d'expression et d'interaction : "Le microblogue est un outil parfait pour diffuser, pour échanger de façons différentes, pour interroger, pour questionner, pour obtenir de la rétroaction et même pour couvrir des évènements. Le succès réside dans un savant mélange de toutes ces opportunités. En choisir une seule, c’est se passer à côté de l’aventure", dixit le québécois Eric Noël. En conséquence le monologue doit être banni, et en particulier le monologue du type "agenda en ligne", véritable plaie du twitter politique ces dernières semaines. Vous n'obtiendrez absolument aucune interaction avec vos internautes en publiant des informations aussi froides que :
@laurentfabius : Dernière minute: je serai l'invité de Laurent Bazin sur i-Télé demain matin (mercredi 25 mars) à 8h30 (rediffusion à 9h30)
@michelbarnier : Avec Nicolas Sarkozy dans le Maine-et-Loire, pour annoncer un nouveau modèle agricole français
Il est cependant légitime de raconter le quotidien, mais avec une once d'expérience personnelle c'est toujours mieux. Par exemple :
@kaderarif : boit un verre de lait sur la place du Capitole à Toulouse, en solidarité avec les producteurs laitiers indépendants de la région
6. "Reply" et "Retweets", règles de courtoisie
Le retweet (la reprise d'une information provenant d'un autre utilisateur, qui s'écrit "RT @pseudo le message intéressant") est une sorte de monnaie sociale : retwitter une personne permet de montrer à votre communauté que vous approuvez telle ou telle déclaration ou qu'une information que vous jugez intéressante mérite d'être partagée. C'est aussi une façon de valoriser vos fidèles lecteurs qui sauront vous rendre la pareille le moment venu. Le "reply" (la réponse) est également une preuve de votre investissement et de votre capacité à répondre rapidement à une question. Cela vous permettra également de tisser des cyber-liens avec d'autres politiques présents sur la plateforme (cf. Michel Barnier via Twitter : "je souhaite la bienvenue @laurentwauquiez au Salon de l'Agriculture").
7. Utiliser twitter comme outil de veille de l'actualité chaude
Aucun politique d'opposition n'a su se saisir du débat anti-Hadopi qui a eu lieu sur twitter via le canal #hadopi . Pourtant il y avait là une opportunité de communication intéressante à saisir avec un simple tweet hashtagé #hadopi . En passant, les hashtags sont une petite astuce pour mettre en valeur les thématiques que vous abordez dans vos tweets et pour permettre à vos followers de retrouver les précédentes déclarations. Si vous n'être pas sur Twitter, pensez tout de même à utiliser les moteurs de recherche spécialisés pour surveiller ce que l'on dit de vous, cela vous permettra d'éviter quelques mauvaises surprises ou d'avoir à vous justifier sur votre non-utilisation de l'outil en cas de "fakes" (comme ce fut le cas pour Martine Aubry ou Olivier Besancenot ).
8. Ne versez pas dans le "spam social"
La "replycité" plutôt que la réciprocité : Twitter, à la différence de Facebook, repose sur l'idée de non réciprocité ou d'ajout sélectif : si un utilisateur me suit sur Twitter, je ne suis pas obligé de le suivre. Sus à l'auto-following déshumanisé et contre-poductif de conversation, préférez plutôt un following par étape reply-follow : un follower vous fait un "reply", vous engagez la conversation avec lui par reply, il s'en sentira valorisé. Il sera alors temps de le suivre pour l'envoyer au 7ème ciel de la twitter-glorification (peut-être même se vantera t-il en clamant @Monsieur X me follow, cool !). Cela démontrera un intérêt réel pour le dialogue et la conversation avec ses followers, et les "oubliés" qui vous feront un @reply apparaitront tout de même dans l'onglet du même nom. Ajouter des amis en masse vous fera certainement grimper dans les tops mais privilégiez le qualitatif au quantitatif.
Personnalités politiques françaises
sur Twitter
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Mouvement démocrate |
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Alternative_libérale |
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