#IranElection ou la première "révolution twittée" ? questions en vrac
Par Palpitt le lundi 15 juin 2009 - Actualité, vrac - 2125 lecture(s)
"la prochaine révolution sera-t-elle tweetée" ?
A lire : Les heurts en Iran minute après minute sur la Toile
Plus actif encore, le site de microblogging Twitter est véritablement assailli de courts messages relayant des informations en provenance d’Iran. Parfois contradictoires, toujours partisannes et nécessitant en tout état de cause une prise de recul importante avant d’en tirer la moindre conclusion, elles reflètent néanmoins la vivacité et la capacité des outils numériques à se faire l’écho d’une actualité brûlante à laquelle des médias usant de techniques plus traditionnelles ont plus difficilement accès. Vu l’abondance de ces informations "laternatives" , d’aucun, comme la publication en ligne The Atlantic, prédisent d’ores et déjà que "la prochaine révolution sera tweetée" …
Prudence, donc : puisque nous ne regardons un évènement qu'à travers le prisme des médias sociaux (et de Twitter plus particulièrement), nous avons besoin d'un traitement a posteriori, d'une recontextualisation.
Edit : Olivier Tesquet explique sur lexpress.fr que "Certains médias occidentaux n'hésitent pourtant pas à voir dans cet emballement numérique l'émergence d'une sorte de révolution 2.0.". De la "révolution twittée" à la "révolution Twitter", il n'y aurait qu'un pas. Libération s'est plus récemment servi de l'expression pour titrer son article avant de conclure en fin papier : "parler d'une «révolution» via Twitter en Iran est donc peut-être trop hâtif".
Twitter et les rumeurs : vrai problème ou fausse question ?
"lots of rumors and lies; its hard to recognize the correct news and rely on sources #IranElection", twittait @alirezasha, présenté comme un "reporter et geek" localisé à Téhéran.
"Lorsqu’une information est fausse, la twittosphère la corrige – quitte à y intégrer les correctifs des médias tradis. Ce qui en retour augmente la réputation de l’émetteur", note Tristan Mendès France, qui a souhaité répondre sur son blog à cette question du crédit de Twitter.
Cet après midi, nous avons pu observer en direct la propagation d'une fausse information : "La Police tire sur une fille" ("Police shot the girl when she was in her place!") est une vidéo assez choquante d'une blessée dont on ne prend même pas la peine de relever la date de publication (2007). Le lien vers cette vidéo, faussement contextualisé, a le temps d'être retwittée une douzaine de fois, par des utilisateurs localisés à Téhéran notamment, avant que quelqu'un ne signale l'erreur. La news sera même encore rediffusée telle quelle à 10 reprises (d'après backtweets, je souligne son utilité pour vérifier l’historique d'un contenu lié) après l'apparition des premiers erratums, puis plus rien. Quelque soubresauts encore et la rumeur est bien morte, même si les tweets restent et que l'erreur n'est pas toujours signalée par leurs auteurs.

Fabrice Epelboin revient à son tour sur ce sujet dans "Twitter au coeur de l’insurection Iranienne" (traduction et adaptation d'un billet d'Olie O’Dell) :
A l’heure où le conflit continue, les utilisateurs de twitter se voient rappeler partout sur le réseau que l’information la plus utile à partager est celle qui est vérifiable, et qui a donc le plus de chance d’être exacte. Une fausse information retweeté à plus de chance de causer du tord à la cause des insurgés qu’autre chose.
#IranElection sur Twitter : trop d'infos ?
Lorsque le petit ruisseau se transforme en torrent, il devient bien difficile d'avoir un regard clair sur la situation : trop d'updates au conditionnel, trop de liens, de petits détails sourcés ou non et trop d'échos. Twitter reste premier sur la "breaking news" mais ne nous permet pas encore de bien hiérarchiser le reste des infos dans de telles situations. A noter cependant le bon mashup iran.twazzup.com.

Et les journalistes ?
En cas de crise, il devient donc nécessaire, sous peine d'être noyé, de ne suivre qu'une petite poignée d'individus qui font pour nous l'exercice du filtrage et de la sélection. Bonne nouvelle : grâce aux systèmes de recommandation, on finit souvent par tomber ... sur des journalistes ! (et on sait que Twitter en a besoin, plus que jamais).
Alors qu'outre-atlantique on reproche à CNN son manque d'attention et qu'on l'accuse d'avoir failli à sa mission (#CNNfail, RWW a depuis fait un mea-update-culpa), Laurent François remarque que ce sont bien des journalistes qui, sur place, font le meilleur travail de reporting, et cela ne semble pas être de tout repos :
ce n’est pas la revanche du média “citoyen” contre les médias traditionnels, et encore moins de l’homme de la rue contre le journaliste. Au contraire, ce sont bien des correspondants sur place qui ont su alimenter et traiter les différentes sources d’information, de donner un point de vue et un certain recul. Comme par exemple Steve, ou Mohamed (Al Jazeera), qui ont agi comme véritable centres de traitement
En France, on retient le travail de centralisation et de rediffusion de l'équipe des Humains Associés / Mémoire Vive (notamment l'amie natachaqs, par ailleurs journaliste, qui raconte ici ses 3 premiers jours de suivi des évènement). Remarquable également, la mobilisation de l'équipe du site flash-politique.fr.
A lire aussi : Iran situation highlights strengths, weaknesses of Twitter
When recognizing Twitter as the best outlet for the latest on the ground, you can’t ignore that the data coming from Twitter is raw, unfiltered, and at times difficult to follow. You can narrow down who you follow to key people which helps, but likewise that’s a challenge. The better consideration is Twitter as an old fashioned raw news wire from which others can compile the latest news.







Commentaires
merci pour la citation
de rien, mais je suis un peu confus car elle m'est attribuée sur quelques sites d'infos, j'ai commencé à contacter les sites en question
c'est cool de ta part ... mais ne te tracasse pas trop avec ça.
bien à toi