Michael Wesch : La culture Youtube et les politiques de l’authenticité
Par Palpitt le samedi 12 septembre 2009 - Sciences de l'Information et de la Communication - 2048 lecture(s)
Largement plébiscité par les invités, récompensé par une standing ovation, Michael Wesch semble avoir fait sensation lors du Personal Democracy Forum 2009 en juin dernier. Sa présentation, "The Machine is (Changing) Us: YouTube Culture and the Politics of Authenticity", avait notamment été remarquée et saluée par Micah L. Sifry, co-fondateur de la manifestation :
"Il (Michael Wesch) esquisse avec adresse une peinture de la culture moderne, où les individus consomment des mass-médias, où des institutions puissantes gouvernent leurs vies à distance, et ou l'anomie et la déconnection sont la norme (…). Mais il demande alors si les nouvelles pratiques massives du téléchargement, du remix, du commentaire et du partage des médias – au sein desquelles nous SOMMES les médias - pourraient permettre à une culture différente, plus authentiquement connectée et pleine d'espoir de se former".
Wesch commence sa présentation en se plongeant dans les années 80 et en empruntant à Neil Postman le concept de "Media Ecology", "l'idée que la technologie et les techniques, les modes d’information et les codes de communication jouent un rôle principal dans les affaires humaines" (Media Ecology Association)
“This is the idea that Media are environment, media are note just tools, media are not just means of communication, that media mediate our conversations (…)”

Le prof en anthropologie culturelle se réfère notamment à l’ouvrage Amusing Ourselves to Death dans lequel Postman donne une vision très huxleyenne de l’effet de la Télévision sur la culture américaine :
“Les conversations de notre culture se passent à la télévision, les conversations sont contrôlées par un petit nombre, conçues pour les masses / les conversations sont toujours divertissantes (même les sérieuses) / les conversations sont ponctuées par des annonce publicitaire de 30 secondes et toutes ces conversations définissent collectivement notre culture"
25 ans plus tard, un nouveau "mediascape" a émergé (le concept de "mediascape", développé par l’anthropologue Arjun Appadurai, définit "d’une part, la production et la dissémination de l’information au niveau global, par des moyens électroniques et, d’autre part, les images mêmes créées par ces médias", lire également ce papier d'Olivier Blondeau paru dans la revue Médiamorphose) et Welsch a tenté de comprendre avec l’aide de sa classe de la K-State, au regard de ce premier constat, ce que révélait le phénomène "American Idol", puis s’est intéressé à ce qu’il a appellé la génération MTV.
En clair, l'individu serait caractérisé par l'individualisme et l'indépendance, voire le narcissisme. Il s’empresse aussitôt de corriger : ce que l’on pourrait prendre pour du narcissisme serait en fait une "éthique fondamentale" dans notre société reflétant un besoin "d'identité et de reconnaissance".
C’est ce que le philosophe Charles Taylor avait appelé "la recherche d’un moi authentique”, avant d'identifier deux glissements négatifs vers 1. “des modes égocentrés d'auto-accomplissement” et 2. "la négation de tous les horizons de signification"(Moins de partage de systèmes de signification).
Selon Wesch, et d’un point de vue plus politique, le premier glissement pourrait mener aujourd'hui à un désengagement (des gens de plus en plus centrés sur eux-mêmes, moins que sur l’engagement civique. Le second mènerait à une fragmentation des croyances.
Dans la façon dont ils se créent par, pour et autour des réseaux, dans la façon dont ils transforment les intérêts individuels en actions collectives, dans la façon dont ils rendent la formation de groupes « ridiculement facile » les nouveaux médias changent la façon dont nous entrons en relation avec les autres, créent de nouveaux chemins pour Nous connaître
Les nouveaux médias pourraient donc redéfinir "cette quête d’un moi authentique", et redéfinir la notion même de l’authenticité.
Pour la seconde partie de la présentation, Wesch revient sur le travail qu’il avait mené autour de Youtube et de la mise en scène de/du soi, que j’avais tenté de décrire dans : une approche anthropologique de Youtube.
Le mieux est encore de voir la vidéo ou de vous passer les slides, j'ai voulu en garder une trace ici mais sa présentation n'est définitivement pas adaptée à l'écrit 







Commentaires
Merci d'avoir partagé cette vidéo importante — j'aime beaucoup la déclaration finale.